ChatGPT Ads vient de voir le jour : s’en est déjà fini de la gratuité sur Chat GPT. Le moteur ne se contente plus de répondre, depuis le 24 août, il vend aussi. Et depuis le 31 août, n’importe quelle entreprise française peut ouvrir un compte et lancer sa propre campagne, sans passer par une agence partenaire.
Un nouveau canal publicitaire qui s’annonce majeur aux côtés de Google et Meta. Sur le papier, une bonne nouvelle : un espace de plus pour être vu au moment où quelqu’un cherche une solution. Dans les faits, ce qu’on a observé mérite d’être nuancé avant d’y transférer votre argent dans la précipitation.
Pourquoi ce n’est pas « Google Ads dans ChatGPT »
La tentation est grande de traiter ce canal comme un Google Ads ou un Meta Ads de plus, avec les mêmes réflexes de configuration. C’est une erreur. ChatGPT Ads sort à peine du stade pilote, et plusieurs mécaniques acquises sur les régies historiques n’existent pas encore ou si elles existent, c’est de façon beaucoup plus rigide.
Le bon point : le suivi de conversion ne repart pas de zéro
OpenAI a lancé son propre pixel de mesure et une Conversions API, sur le même principe que Google ou Meta. Des templates communautaires à destination de Google Tag Manager ont déjà été créés par certains acteurs. Résultat pour vous : pas besoin de développeur pour démarrer le tracking, et des objectifs de conversion aussi simples à poser que sur les régies que vous connaissez déjà.
Trois points qui doivent vous rendre prudent
- Le ticket d’entrée est élevé. Le budget minimum observé tourne autour de 15€ par jour et par campagne. Sur Google ou Meta, on démarre un test à 1€. Sans historique de performance en France, ce plancher transforme un test à faible risque en engagement réel dès le premier jour.
- La géolocalisation reste grossière. Pas de rayon autour d’une ville, pas de département : l’outil ne connaît pas l’Alsace en tant que telle. Deux options seulement, cibler tout le Grand Est ou constituer une liste de codes postaux un par un. C’est une réelle contrainte pour une zone de chalandise locale.
- Aucun ciblage par mot clé, ni exclusion. C’est l’IA qui décide seule du contexte de diffusion, selon le sujet de la conversation. Séduisant sur le papier, mais l’absence de negative keywords ouvre la porte à des clics hors sujet, le temps que le système apprenne. OpenAI l’indique lui-même : les audiences personnalisées ne sont pas encore disponibles en Europe, cela arrivera sûrement dans un second temps.
La nuance à ne pas balayer trop vite
On a vu ce scénario se répéter en vingt ans d’agence. Google Ads, à ses débuts, n’avait ni la granularité ni les exclusions qu’il propose aujourd’hui. Meta Ads a mis des années à affiner son ciblage. Un canal ne se juge jamais sur son premier mois, mais ça ne veut pas dire qu’il faut s’y jeter les yeux fermés. La bonne question n’est pas « faut-il tester », elle est « avec quel niveau de risque budgétaire on accepte de tester aujourd’hui, sachant ce qu’on sait de ses limites ».
Une méthode pour tester sans se brûler
Un budget de test borné dans le temps, pas un budget « on verra ».
Des objectifs de conversion posés dès le premier jour, via Google Tag Manager.
Un ciblage géographique large s’il est pertinent pour vous, tant que le ciblage fin n’existe pas.
Un suivi du coût par clic chaque semaine, pas chaque mois, pour couper court avant qu’un budget de test ne devienne un budget perdu.
Ce qu’on en pense, chez Tiz
L’intégration technique (pixel, Conversions API, GTM) est du niveau qu’on attend d’un canal sérieux. Mais le ciblage n’est pas encore à la hauteur de ce que Google ou Meta proposent depuis des années. Se lancer maintenant peut avoir du sens pour capter une position précoce. Ça peut aussi coûter cher pour un retour incertain, sans un test bien cadré.
Vous vous demandez si ça a du sens pour votre activité ?
On regarde ça avec vous, avec les vrais chiffres de votre secteur.
